alpinisme philosophie montagne Bruno Charbonnel

Bruno Charbonnel

Auteur du compte Bruno dans la Montagne

L’alpinisme et la philosophie de la montagne sont au cœur de mon parcours et de mon écriture.

On me demande souvent qu’est ce qui m’a amené à l’écriture. Comment passe-t-on de la montagne à la poésie ? Comment la marche en montagne m’a conduit à la réflexion et à la création de cette communauté autour de la philosophie en montagne ?

Une histoire de transmission

Je suis né dans la montagne, avant même d’y marcher. Mes parents s’y sont rencontrés, et c’est là que tout a commencé, bien avant moi. Très tôt, j’ai appris à suivre des sentiers sans vraiment savoir où ils menaient, à marcher, simplement, à regarder, à respirer. Mais la montagne n’a pas été qu’un terrain d’apprentissage. Elle a aussi été un refuge. À l’âge de sept ans, j’ai vécu la séparation de mes parents. Un moment qui vous fait grandir trop vite, sans vraiment vous demander votre avis. Alors, l’enfant que j’étais s’est réfugié là où il savait encore se sentir entier : en montagne. C’est là, quelque part entre les pierres et les silences, que j’ai laissé une part de moi. Une part que je retrouve, encore aujourd’hui, chaque fois que j’y retourne.

Apprendre l’alpinisme comme une philosophie

Si ma mère m’a emmené randonner avec elle très souvent, c’est mon père qui a été mon premier guide en haute montagne. Avec lui, j’ai appris l’escalade, l’alpinisme, mais surtout quelque chose de plus essentiel : apprendre à marcher. Avoir le pied montagnard. Savoir poser le pied sur un terrain instable, lire une pente, sentir le rocher, comprendre la neige, s’adapter, observer, se faire discret. Ce sont des gestes simples, mais ils contiennent déjà une forme de philosophie. Car en montagne, on n’avance jamais vraiment contre. On avance avec.

Transmettre à mon tour

Aujourd’hui, je suis encadrant au sein du Club Alpin Français, en alpinisme et en ski de randonnée. À mon tour, j’enseigne. Les techniques, bien sûr, mais surtout une manière d’être là-haut. J’essaie de transmettre ce que l’on ne dit pas toujours : le rapport que l’on entretient avec la montagne compte autant que ce que l’on y fait. Car ce rapport dit beaucoup de nous.

Une autre manière de vivre la montagne

Je suis pyrénéen, profondément marqué par le pyrénéisme. Pour moi, la montagne n’est pas un terrain de jeu. Elle est un espace de vie. Un espace où l’on se confronte à soi-même, où l’on doute, où l’on s’interroge, mais aussi un espace où le temps se déforme. Chaque lieu que je traverse porte une mémoire, la mienne. Dans les Pyrénées comme dans les Alpes, certains endroits sont devenus des repères, des fragments de vie. Y revenir, c’est voyager dans le temps, revenir à d’autres époques de moi-même, regarder différemment ce que j’ai été, ce que je suis devenu.

Une philosophie de l’alpinisme et de la montagne

La montagne est un miroir, un prisme à travers lequel j’observe ma propre vie. Chaque ascension est une question, chaque retour une tentative de réponse. Et au fond, il y en a une qui revient toujours : est-ce que je rends heureux le petit garçon de sept ans que j’ai été ? Celui qui, un jour, s’est réfugié ici. Celui qui a appris à regarder le monde depuis là-haut.

Mettre des mots sur l’expérience

C’est de là que naît mon écriture. J’écris pour comprendre, pour relier les époques, pour mettre en perspective ce que je vis. Passionné d’histoire, j’applique à moi-même ce regard d’historien : observer, interroger, replacer dans un contexte, comprendre les évolutions, les ruptures, les continuités. Non pas à l’échelle du monde, mais à l’échelle d’une vie. La mienne. Et peut-être, à travers elle, celle des autres.

Donner une voix à une expérience intime

Si ces textes résonnent, ce n’est sans doute pas un hasard. Beaucoup vivent la montagne de manière intime, sans toujours mettre de mots dessus. Une relation personnelle, parfois silencieuse, entre soi et ces espaces. Plus qu’un sport, l’alpinisme est pour moi une philosophie. Entre une vie qui change, et une montagne qui semble immuable, mais qui, en réalité, ne l’est pas, tout comme nous. Écrire, c’est tenter de donner une voix à cette expérience, à ce lien discret mais profondément ancré.

Aujourd’hui

J’écris la montagne comme on suit une trace, avec attention, avec respect, sans jamais être sûr de l’endroit où elle mène, mais avec la conviction qu’elle dit quelque chose d’essentiel. Sur nous, sur le temps, sur la vie.

Bruno Charbonnel auteur

Rejoignez la cordée !

Si ces mots résonnent en vous, vous pouvez prolonger l’expérience sur mes réseaux sociaux Bruno dans la Montagne. J’y partage régulièrement des textes, des réflexions et des instants de montagne, au fil des saisons et des ascensions.