Il y a un moment particulier dans tout projet où l’idée cesse d’être simplement une intuition pour devenir une réalité tangible. Aujourd’hui, ce moment prend la forme d’un lancement : celui de la campagne de financement participatif autour de mon livre de poésie sur la montagne.
Sous l’impulsion de mon éditeur, Peak Editions, le projet entre dans une nouvelle phase. Une phase plus exposée, plus engageante aussi. Celle où il ne s’agit plus seulement d’écrire, de structurer, d’imaginer, mais de confronter le livre à celles et ceux qui, peut-être, lui donneront réellement existence. Le choix de la plateforme ne s’est pas fait au hasard. Ulule s’impose naturellement. Une plateforme française, indépendante, qui porte une certaine vision de la création. Ce choix fait écho à quelque chose de plus profond chez moi : une volonté de rester dans un cadre cohérent, local, presque engagé. Soutenir des acteurs français, défendre une forme d’indépendance éditoriale, préserver une liberté dans la manière de créer et de diffuser. Finalement, ce n’est pas si éloigné de ce que je recherche en montagne. Une forme d’autonomie, de cohérence, de liberté.
La campagne est accessible ici : https://fr.ulule.com/livre-bruno-charbonnel/
Au-delà de cet engagement, il y a aussi une réalité très concrète derrière une campagne de financement dans l’édition. Ce type de démarche permet d’évaluer l’intérêt réel pour le livre. Combien de personnes souhaitent le lire, le soutenir, s’y projeter. C’est un indicateur précieux pour l’éditeur. Il permet d’estimer un premier tirage, d’anticiper la production, mais aussi de mesurer les chances du livre de voir le jour dans les meilleures conditions possibles. En ce sens, la campagne n’est pas seulement un outil de financement. Elle est une étape fondatrice.
Mais ce qui rend cette démarche particulièrement intéressante, c’est aussi la manière dont elle enrichit le projet lui-même. Une campagne Ulule ne se limite pas à un simple pré-achat. Elle propose un système de contreparties, de paliers, qui permettent d’ajouter une dimension supplémentaire à la création. Le livre devient évolutif. Il se transforme au fil de la campagne, en fonction du soutien qu’il reçoit.
Les premiers paliers posent les bases : rendre le livre possible, lui donner une existence. Puis, progressivement, d’autres éléments viennent s’ajouter. Des marque-pages, des fonds d’écran, des illustrations supplémentaires. Jusqu’à imaginer, si certains seuils sont atteints, l’ajout de nouvelles illustrations ou même des initiatives plus symboliques, comme la plantation d’arbres. Chaque étape franchie enrichit le livre, sans en trahir l’essence. Elle prolonge simplement l’expérience.
Ce système de paliers crée quelque chose d’assez particulier. Le livre ne se construit plus uniquement dans un rapport auteur-éditeur. Il devient, d’une certaine manière, collectif. Non pas dans son écriture, qui reste intime, mais dans son déploiement. Ceux qui participent à la campagne ne sont pas de simples lecteurs en attente. Ils deviennent acteurs du projet. Ils contribuent à sa forme finale.
C’est sans doute cela qui rend cette étape à la fois excitante et un peu vertigineuse. Car pour la première fois, le projet sort complètement de moi. Il devient visible, exposé, fragile aussi. Comme lorsque l’on quitte un sentier confortable pour s’engager dans une arête plus aérienne. Il y a une part d’incertitude, forcément. Mais aussi cette sensation très particulière que quelque chose se joue vraiment.
La campagne est désormais lancée. Le livre commence une nouvelle ascension. Et comme en montagne, chaque pas compte.




